4 Septembre 2010 Epreuves Recherche Utilitaire
à MESSIMY (01)


Compte rendu de Brigitte sur son passage du "brevet" de Recherche Utilitaire.

Samedi 4 septembre 2010, sur l’invitation d’André Fourrier responsable de la section Recherche Utilitaire du Club Canin des Dombes, je suis allée à Messimy/Saône présenter Charmoz au brevet de R.U, et assister pour la première fois à une épreuve de cette discipline.

Pour ce jour si important pour moi car j’espérais qu’y serait officiellement reconnue la valeur de mon chien, Martine et Marie-Odile avaient fait la route pour me rejoindre, me soutenir et représenter avec moi le CCUMB !

Il y avait 16 équipes maître/chien postulant aux épreuves, du niveau  « brevet » au niveau « classe 2 », cela sous-entend une logistique énorme pour organiser l’enchaînement des parcours des uns et des autres car tout ceci se passe dans la nature et non sur un terrain bien défini comme pour la plupart des autres disciplines canines.

Selon le niveau de l’équipe, la longueur des parcours tracés va d’environ 700m à 1500m, et le délai entre la pose du parcours par un traceur et la mise au travail de l’équipe de recherche, varie entre 1h30 et 2h30.

Chaque poseur de parcours, « sème » sur son passage 5 objets lui appartenant et portant son odeur, objets dont la texture varie aussi selon le niveau des postulants (tissu pour les brevets, puis cuir, carton, plastique..) ; ces objets sont déposés au sol ou accrochés en hauteur, en évidence ou dissimulés…

Lors de son parcours, le chien doit faire preuve de ses qualités olfactives en retrouvant et désignant clairement à son conducteur un maximum d’objets (la mention en dépend), et ces objets le conduiront à la « personne égarée » qu’il devra également désigner.

Pour ceux que le détail du règlement d’épreuve intéresse, ils peuvent le consulter ici : http://www.gtru.fr/

La Recherche Utilitaire étant ouverte à toute race de chiens, LOF ou non, j’ai vu travailler ce week-end : berger australien, berger des pyrénées, hovawart, retriever, type labrador, terre-neuve, jack-russel, braque de Weimar, berger des Ardennes, malinois et bien sûr berger allemand. Comme très peu d’épreuves sont organisées, certains venaient de loin, de Bretagne, du Midi, de la région Parisienne, des Vosges…

J’ai pu observer le style de travail particulier à chaque chien, et le type de conduite adopté par son maître en fonction de la personnalité de son chien et des difficultés du parcours.

Car tout le monde se doit de suivre l’épreuve de chacun, derrière le Juge et le Commissaire, et cela permet d’apprendre énormément.


L’ordre de passage des postulants est tiré au sort au début de chaque demi-journée, le premier passage se faisant de nuit à 6h du matin !

Lorsqu’on s’entraîne en Recherche Utilitaire il faut le faire par tous les temps et à toutes les heures ; pour ma part j’avais eu un peu trop tendance à entraîner aux heures confortables du petit matin….quand j’ai été désignée pour le parcours de 16h alors que la température au sol était de 29°C et l’hygrométrie de 35% seulement, j’ai vraiment eu très peur d’échouer…Et il a fallu que je gère mon stress, aidée en cela par Marie-Odile et Martine qui ont tout tenté pour me dérider, et m’aider à m’occuper de mon chien avant le parcours : le mouiller, le détendre, le distraire, le mettre au calme au bon moment.


Mon parcours avait été posé à Cibeins, avec départ dans le parc de l’Ecole des chiens-guides d’aveugles de Lyon : comment ne pas y voir un clin d’œil !!

En effet une des principales difficultés pour le maître du chien de Recherche, est de savoir faire confiance à son chien, se laisse guider par lui…

30mn avant l’heure dite, je vais demander l’objet de référence portant l’odeur de la personne que Charmoz devra retrouver, on me le présente dans un sac en plastique fermé. Je vais le déposer dans ma voiture, juste devant la cage où mon chien patiente, ouvert, afin qu’il s’en imprègne déjà.

H-5mn, je sors Charmoz du coffre et l’équipe de son harnais de travail : c’est pour lui le second signal qu’il va bientôt bosser. Pour ceux qui connaissent mon chien, dès qu’il est harnaché il devient très calme, fini aboiements et cabrioles, il est déjà au boulot, cette transformation magique me stupéfie à chaque fois.

H-3mn je rejoins juge et commissaire non loin du lieu de départ, pour la présentation officielle et la petite enquête auprès d’un « faux-témoin » qui pourra me donner quelques indications sur la personne disparue, et surtout : où l’a-t-on vue pour la dernière fois, ce qui déterminera le lieu précis de mise au travail du chien.


A 16h, je me dirige donc vers ce lieu et présente une nouvelle fois à mon chien le sac contenant l’objet de référence. Je tâche de nous positionner face au vent pour que celui-ci apporte en plus à Charmoz, l’odeur d’un premier objet abandonné dans l’herbe, qui ne sera pas comptabilisé mais sert à « rassurer » l’équipe par une découverte facile. Charmoz le désigne immédiatement et comme à l’entraînement je le félicite comme si c’était l’exploit du siècle.

Puis les choses sérieuses commencent, un « allez cherche » de nouveau murmuré, à partir de là je ne sais absolument pas dans quelle direction ça part, je suis aveugle et c’est mon chien qui doit me guider, un seul mot d’ordre, « suivre », faire confiance, et décrypter ses différentes attitudes au gré du parcours pour l’aider ou le relancer si nécessaire.

Je guigne du coin de l’œil une grande allée herbeuse sur notre gauche, mais Charmoz m’entraîne vigoureusement vers un passage étroit en sous-bois : à sa manière de démarrer je « sais qu’il sait », je sais qu’il « veut », je sens que ça va marcher et mon stress me quitte enfin. La longe file entre mes doigts, on est parti.

Juge, commissaire et groupe des suiveurs nous emboîtent le pas.


A partir de là tout s’enchaîne très vite –enfin j’en ai l’impression ; chemin de terre, traversée de route goudronnée, Charmoz tracte et ne s’arrête que pour me désigner les objets que j’enfourne précieusement dans ma musette car il faudra les montrer ensuite au juge.

Période de flottement du chien au premier gros changement de direction, moi j’ai compris par où ça passe mais je décide de ne pas le montrer au chien, car si je l’aide, à la prochaine difficulté il risque de vouloir se reposer sur moi ; on m’a déjà reproché d’être trop dirigiste, de trop parler au chien…Donc là je prends le parti de laisser faire, cela dure un peu trop longtemps car je me positionne mal pour cela comme me le dira plus tard le juge…Mais enfin ça passe et Charmoz se ré-engage enfin dans la bonne direction. Mais du coup il ne me désigne pas l’objet posé juste après la difficulté.


Seconde difficulté au sortir d’un petit bois somme toute relativement humide, nous débouchons en plein cagnard sur une aire terreuse très sèche où il y a de nouveau une décision à prendre pour le chien.

De nouveau je laisse faire (car là en plus…je n’ai pas du tout deviné par où ça pouvait « sortir »…) Sous les yeux des suiveurs et dans le plus grand silence, j’observe Charmoz.


Et mon chien appliqué bosse superbement, explorant tout, cherchant sa piste sur cette nouvelle assise, traquant le foyer d’odeurs qui lui permettra de reprendre sa route.

Soudain il se décide et accélère, je récupère ma longe et lui emboîte le pas, « trop tôt » dira plus tard le juge car faisant cela je « pousse » mon chien dans une direction qui n’était pas encore la bonne, mais Charmoz se relit et revient en arrière 15m plus tard pour enfin aborder la bonne fin de parcours le long d’une haie de thuyas.


J’aperçois la « victime » au bout de cette haie, Charmoz la prend dans le nez au même moment, si j’osais je lâcherais ma longe et courrai vers elle avec mon chien tant je suis heureuse, on a gagné !!


Charmoz lui fait la fête, moi je m’écroule d’émotion, toutes les vannes lâchent ! Ma « traceuse » pleure aussi, le juge se marre, mes copines du Club accourent pour nous féliciter, c’est un moment magique !

Je remets mes objets au traceur sous les yeux du juge et du chien encore et encore félicité, il y en a 4 nous avons la mention « excellent » ! Nous avons mis 16mn sur les 30 auxquelles nous avions droit…

Photo 096


Premier débriefing avec le juge, sa critique est ô combien précieuse pour moi qui m’entraîne si souvent seule. Martine remet son collier à Charmoz, je ne m’en aperçois même pas !


Charmoz crevé et assoiffé, est cajôlé par tous…


Merci à Régine et Martine les « pisteuses françaises » du CCUMB de s’être si souvent rendues disponibles pour tracer mes parcours d’entraînement, et de m’avoir toujours « re-boostée » dans les moments de découragement, à Marie-Odile complètement étrangère à la discipline mais qui a fait tous ces km pour venir m’encourager et découvrir la RU, à André Fourrier qui a bien voulu me faire confiance en acceptant de nous coacher ces derniers mois et en nous invitant à venir tenter notre chance à Messimy.

Merci aussi à tous les copains du club qui m’ont soutenue à leur manière dans ma passion pour cette discipline. Je suis très heureuse d’avoir pu honorer leur confiance.


Et surtout….

MERCI A CHARMOZ qui a su ne pas se laisser perturber par mon stress et m’a fait ce jour-là un de ses meilleurs parcours !